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7 juin 2012 4 07 /06 /juin /2012 19:26

 

Incendies est à l'origine une pièce de théâtre de Wadji Mouawad, dramaturge canadien d'origine libanaise, qui a été portée à l'écran par Denis Villeneuve.

Ce film, interprété avec talent par Lubna Azabal et Mélissa Désormeaux-Poulin, est un condensé d'émotions et d'images fortes qui nous emmène sur des chemins peu fréquentés où raison, fanatisme religieux, soif de pouvoir, désir sexuel, intolérance et passions se mêlent en un caléidoscope effréné retraçant la folie humaine dans toute sa noirceur.

À certains moments du film, les émotions sont tellement complexes et intenses que l'on pense avoir atteint le tréfonds de la déchéance de notre espèce, mais le plan suivant nous prouve que l’on peut descendre encore plus bas, nous entrainant à sa suite dans le tourbillon obscur de l'humanité, jusqu'à ce plan final qui nous révèle un homme nu au milieu du désert de ses valeurs morales.

 

Synopsis

Pour vous résumer le film sans trop rentrer dans les détails qui pourraient le déflorer, l'histoire débute par l'ouverture d'un testament. C'est donc chez le notaire que Jeanne et Simon Marwan découvrent qui était réellement leur mère et pourquoi elle était venue se réfugier au Canada une vingtaine d'années auparavant.

Comme seul héritage, les deux enfants se voient remettre à chacun une grande enveloppe. La première, remise à Jeanne, est en fait destinée à son père, un père que les deux enfants n'ont jamais connu et qu'ils croyaient mort depuis longtemps. La deuxième enveloppe, remise à Simon, est destinée à un frère dont les deux enfants ignoraient complètement l’existence.

En recevant son enveloppe, Simon s’énerve, il y voit le caprice posthume d'une mère distante qui aurait sombré dans la folie. Jeanne, elle, est plus enthousiaste, elle y voit la clef du secret de sa mère, du mutisme dans lequel elle s'enfermait chaque fois que l'on évoquait son passé. Jeanne veut croire en la réalité de ce père revenu du pays des fantômes et en l'existence de ce frère issu de nulle part. Elle décide de partir immédiatement au Moyen-Orient, autant pour découvrir son passé familial que pour exhumer les secrets de sa mère.

Une fois sur place, Jeanne va découvrir une réalité cruelle et sans artifice. Confrontée aux secrets de sa propre origine, elle se trouvera vite au bord du renoncement. Heureusement, son frère Simon va la rejoindre et à deux ils dénoueront les méandres de l'énigme incroyable que leur cachait leur mère, énigme que cette dernière n’aura finalement résolue que quelques semaines avant sa mort.


Incendies, un film inoubliable, une tragédie âpre et douloureuse, riche en émotions qui s'étalent sans pudeur sur l'écran à un rythme qui ne laisse aucun répit aux spectateurs. Du grand art.

 

villeneuveincendies.jpg

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Published by luc.delvaux - dans Cinéma
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9 mai 2011 1 09 /05 /mai /2011 20:39

 

Une comédie dramatique britannique produite en 2010 et signée par Bernard Rose qui nous retrace la vie de Howard Marks alias Mr Nice, le gentleman dealer, avec dans les rôles principaux l’excellent Rhys Ifans, Chloë Sevigny et David Thewlis.

Synopsis

Howard Marks, est l'exemple type de la contre-culture britannique. Malgré qu’il soit issu d’un milieu populaire, son intelligence lui permettra de s’inscrire à la prestigieuse université d'Oxford.

Mais là, tout va basculer ! Nous sommes à la fin des années 60, la jeunesse anglaise est en quête de plaisirs nouveaux qu'elle recherche souvent dans les nuages bleutés au parfum de marijuana. De consommateurs en trafiquant, Howard Marks franchira rapidement le pas pour finir par être considéré comme le plus grand trafiquant de marijuana de tous les temps.

Fortune faite, son insatiable recherche du bonheur poussera Howard Marks toujours plus loin dans l'immoralité sans jamais basculer dans la violence. Son succès intéressera même l'IRA, la CIA et les services secrets britanniques, lui faisant traverser le monde et la vie avec un flegme tout britannique.

Mister Nice, le film de Bernard Rose, nous raconte la vie de Howard Marks. Son titre est le sobriquet que portait le dealer et qui caractérise bien ce contrebandier non violent et plein d'humour.

Le film

Pour ne pas tomber dans le documentaire long et ennuyeux, Bernard Rose a adopté le ton du divertissement traitant avec fougue et empressement la vie de Nice et les images qui éclatent à l'écran nous emportent soudain au temps du Peace and Love.

Le ton est délibérément calqué sur celui de l’époque, avec ses trucages désuets, et le rythme est celui des voyages hallucinatoires de cette jeunesse en quête d’utopie et nous renvoie aux techniques cinématographiques des sixties.

L'acteur Rhys Ifan, qui incarne Mister Nice, est impressionnant de justesse et de réalisme, mais son attitude flegmatique, sans doute proche de celle de l’authentique Howard Marks, finit par empêcher le spectateur de prendre l’histoire au sérieux. Soulignons également un excellent David Thewlis dans le rôle de membre de l’IRA.

Le résultat est un film agréable, mais qui ne dépassera pas le stade du bon divertissement à cause d'astuces scéniques qui n'atteignent pas toujours leurs objectifs et ont plutôt tendance à faire décrocher le spectateur actuel.

Un bon moment donc à passer en compagnie de Mr Nice, mais un divertissement qui ressemble trop aux séries des années soixante et qui, à trop vouloir montrer la vacuité de la génération de l’époque, plus en quête de plaisirs rapides et de sensations nouvelles que de réalités, donne hélas une impression de superficialité à l’ensemble du film.

mr-nice2.jpg

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Published by Luc Delvaux - dans Cinéma
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6 mai 2011 5 06 /05 /mai /2011 08:17

 

“Le Parfum, histoire d'un meurtrier” est un roman à succès de l'écrivain allemand Patrick Suskind. Paru dans sa version française en 1986, ce livre atypique vaudra à son auteur une reconnaissance mondiale. “Le Parfum, histoire d'un meurtrier” sera porté à l'écran en 2006 par Tom Tykwer avec dans les rôles principaux Ben Whishaw, Alan Rickman, Rachel Hurd-Wood et un succulent Dustin Hoffman.

Synopsis

Jean-Baptiste Grenouille naît à Paris en 1738 au milieu d'un tas d'immondices où sa mère essaye de le tuer, mais Grenouille s'accroche à la vie. En grandissant, il constate que tous ceux qui l’approchent sont troublés par quelque chose d'indescriptible qui émane de lui.

Il finira par découvrir qu’il ne dégage aucune odeur ! Pourtant, cette absence d'odeur est compensée par un don de la nature : Grenouille est doté d'un odorat prodigieux. Isolé, le garçon va grandir sans passion, indifférent à tout et à tous, jusqu'au jour où il sera attiré par une odeur sublime, celle d'une jeune fille rousse. Ce parfum extraordinaire sera la première émotion que ressentira Grenouille.

Envoûté, il suivra la jeune fille et la tuera pour prendre possession de son odeur ! À ce moment, Grenouille décide d’apprendre à capturer les odeurs pour fabriquer le parfum parfait, celui qui répondra à sa propre absence d'exhalation. Le reste du livre nous raconte cette quête sanglante et pleine de rebondissements qui le conduira vers son but ultime.

Le film

Si le film parvient à retranscrire avec justesse l'ambiance glauque et sinistre du Paris de l’époque, il pèche, par manque de moyens techniques, à transmettre ce qui fait sans doute la force du roman, ce qui décrit le mieux le côté primitif et bestial de l'homme : le monde des odeurs !

Ainsi, si les images de synthèse illustrent à la perfection les ponts de Paris et ses bâtiments branlants, même si d'aucuns sont déçus par leur côté trop “digital”, celles-ci restent froides par manque d'odeurs ; odeurs qu'un lecteur aura le temps d'imaginer, ce que ne pourra hélas faire un spectateur pressé par le rythme d'un film.

Pour pallier à cela, le metteur en scène Tom Tykwer a prévu des pauses narratives, hélas celles-ci ne feront qu'alourdir le récit sans fournir les explications nécessaires à ceux qui n'auront pas lu le roman.

Le grand écran ne permettant pas non plus aux spectateurs de pénétrer l'esprit du meurtrier, Grenouille du cinéma apparaît plus humain, moins froid que le héros sinistre et implacable du roman de Sunskind.

En conclusion, un film bien fait, mais qui a perdu le charme du livre que d'aucuns pourront voir pour se remémorer le fantastique roman.

Affiche_Parfum2.jpg

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Published by Luc Delvaux - dans Cinéma
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